La Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), dans un communiqué de presse daté du 15 juillet 2020, dit expressément que l’Etat de Côte d’Ivoire n’a pas violé le premier arrêt lui enjoignant de réformer la CEI.

Certes, l’Etat doit prendre deux mesures pour rendre la CEI équilibrée « avant toute élection », mais, « la Cour a considéré que l’État défendeur n’avait pas violé son obligation d’exécuter l’arrêt qu’elle a rendu, telle que prévue par l’article 30 du Protocole ».

L’opposition a donc tort de crier « victoire », puisque ce sont les partis de l’opposition eux-mêmes qui, au motif que la loi était mauvaise, ont créé une situation qui a conduit aux recommandations de la CADHP !

La CADHP ne dit pas que la loi mauvaise, ce que demandait le Pdci.

Bien au contraire, la CADHP dit que la loi est bonne et elle donne même des conseils et des arguments au gouvernement pour faire bien appliquer cette loi,

La Cour fait même de cette façon injonction à l’opposition d’intégrer la Cei, parce que, contrairement à ce que l’opposition prétendait, la Cei est équilibrée,indépendante et autonome.

En clair, selon la CADHP, il suffit que le Pdci et l’opposition Gor, intègrent la Cei, pour qu’il n’y ait plus de problème.

Mais si problème il y’avait, c’est justement parce que le Pdci et l’opposition refusaient d’y entrer.

Explicitement, la CADHP vient de leur donner l’occasion d’y entrer, argumentant que la loi sur la Cei est bonne, même si son application a pu poser problème.

Le Pdci est donc mal fondé à crier victoire, puisque l’application qui est aujourd’hui demandée par la Cour est ce qu’il avait lui-même refusée.

Je répète : la CADHP insiste sur le fait que la loi est bonne ! Le reste et les mesures recommandées nesont que des détails !

L’argument de l’opposition selon lequel la loi était mauvaise, ce qui créait un déséquilibre, a été rejeté par la CADHP !

Il est impossible de comprendre l’Arrêt et de l’expliquer sans comprendre que les mesures qu’il préconise ne sont pas du tout inédites, et, qu’au contraire, elles visent à sauver la face à l’opposition qui avait refusé les mêmes options.

Pour la Cour, si la question de la désignation des membres de l’opposition, se pose encore, c’est tout simplement parce que le Pdci et alliés, jugeant la loi non conforme et préparant la plainte, avaient refusé de désigner les représentants de l’opposition !

Si après Affi au nom du Fpi, le Pdci avait rassemblé autour de lui, le reste de l’opposition pour avoir les quatre places de l’opposition, s’il avait refusé de mettre en doute l’impartialité de la société civile et proposé des alliances, les Lagou et autres opposants cooptés par le gouvernement n’auraient pas eu leur place dans la CEI.

Par la suite, ayant refusé de siéger dans la Ceicentrale , l’opposition a boycotté les Cei locales et s’en est plainte , alors que ce qui apparaît comme une main-mise du Rhdp sur la Cei était du seul fait du boycott de l’opposition !

L’opposition a donc été déboutée sur la requête principale visant à mettre en place une nouvelle Cei. Selon la Cour, cette CEI est conforme et il n’existe aucune raison de déclencher une « guerre » politique ou politicienne.

Aujourd’hui, le Pdci veut transformer sa défaite et victoire, mais surtout essaie de créer de la confusion, car il oublie que le gouvernement peut encore faire une demande en interprétation et clarification à la Cour.

Le Pdci se donne le mauvais rôle en continuanyd’alimenter suspicion et confusion sur une Cei dont l’indépendance vient d’être reconnue par la Cour !

Triste Pdci ! Triste opposition à l’heure où les tentatives de manipulations se multiplient.

Le dernier en date, un faux article attribué à Patrice Arfi, une fake news que vient de condamner l’Autorité nationale de la presse.

À lire ma lettre ouverte

Justice Konan

Mjdhlp@hotmail.fr

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