NON ! La demande faite par les journalistes à Hamed Bakongo de ne pas porter plainte n’est pas étonnante ! Elle est même logique !

Quel est le rôle des journalistes ?

Le rôle des journalistes est d’informer, il n’est pas de pousser des personnes attaquées dans des supports d’information (presse, internet) à porter plainte contre d’autres journalistes ! Mamadou Traoré n’étant pas journaliste, il ne peut pas comprendre ce qui fonde la déontologie du journaliste qui n’a pas à s’ériger en procureur ou promouvoir une justice de l’opinion.

En revanche, le journaliste est dans l’obligation de proposer ou d’accepter un droit de réponse ! Le droit de réponse permet à une personne de répondre à ses accusateurs. Une plainte peut être envisagée, lorsque le droit de réponse ne suffit pas à arrêter des attaques qui seraient injustifiées. La justice est alors appelée, afin de dire le droit.

Un journaliste ne souhaite pas que soit déposée contre lui une plainte, sans le recours au droit de réponse . Pourquoi devrait-il accepter de pousser quelqu’un à porter plainte contre d’autres journalistes ?

Le cas qui nous intéresse est bien sûr celui d’Hamed Bakayoko, présenté par deux journalistes comme un trafiquant de drogue. Il n’appartient pas aux journalistes que nous sommes d’inciter Hamed Bakayoko à porter plainte. Mamadou Traoré doit comprendre que la démarche des journalistes n’est pas curieuse, excepté pour lui qui n’est pas un professionnel des médias !

Mais, le ministre d’État n’est pas obligé d’écouter les journalistes, il peut suivre les « bons conseils » de Mamadou Traoré, un partisan de Guillaume Soro !

Quelle peut être alors la compétence des juges dans ce dossier ?

Le ministre d’État Hamed Bakayoko peut porter sans plainte pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles. La difficulté vient de ce que les deux journalistes incriminés ne l’ont pas diffamé eux-mêmes, de façon directe ! Ils peuvent avancer l’argument selon lequel ils ont SIMPLEMENT rapporté les propos de trois personnes.

L’argument est recevable. Suffisamment malins et au fait de la manière de procéder dans le domaine du sensationnalisme, ils n’ont rien affirmé eux-mêmes sur le ministre d’État. Ils n’ont fait que rapporter des propos. Ils ont même émis des réserves sur la véracité des allégations de l’« escort-girl ». Ils ont clairement dit qu’ils n’étaient pas en mesure d’assurer que cette « escort » disait la vérité. En cas de procès, ils vont se réfugier derrière cette précaution, et, autre argument recevable, derrière la protection des sources.

Aucun juge ne peut les obliger à décliner l’identité du travesti, de l’espion français et du diplomate américain qu’ils ont cités, sans rien affirmer eux-mêmes, car c’était bien une enquête et non une analyse, ni un article d’opinion, contrairement à l’analyse de Mamadou Traoré qui, décidément, ne comprend rien au journalisme.

Pour établir qu’ils ont menti ou diffamé, ou qu’ils ont diffusé une fausse nouvelle, il faut pouvoir identifier leurs sources, les faire témoigner à un procès pour qu’ils disent qu’ils n’ont jamais tenu les propos diffamatoires que leur prêtent les deux journalistes, ou pour qu’ils confirment preuves à l’appui…

Cela semble difficile, car la protection et le secret des sources et des contacts des journalistes, est bien, dans tous les pays, un principe sacro-saint du métier.

Au bout du compte, en cas de plainte, on aura un procès long et coûteux qui peut ne rien donner de précis, puisque les journalistes vont protéger leurs sources et s’accrocher à leur argument de défense. Formés à l’école du sensationnalisme, ils savent comment se protéger

Autre difficulté : si le ministre Hamed Bakayoko porte plainte en Côte d’Ivoire, on dira aussi que la justice n’est pas indépendance et que le verdict est déjà connu. Les deux journalistes incriminés ne viendront jamais dans le pays pour se défendre.

Si la plainte est déposée devant la justice du Canada, ou de tout autre pays, on peut supposer qu’un tribunal n’obligera pas les deux journalistes à divulguer leurs sources.

Un droit de réponse, point par point, ligne par ligne, pour réfuter les trois points de l’accusation, est fort suffisant !

Il reviendra alors aux deux journalistes de fournir des preuves irréfutables de la culpabilité du ministre d’Etat. S’ils ne peuvent le faire, ils devront se taire et l’opinion publique comprendra qu’ils sont au cœur d’une manipulation politique qui vise, depuis un certain temps, Hamed Bakayoko.

Des journalistes sensationnels aux trousses du ministre d’État et du Rhdp

Ces deux journalistes savent qu’Hamed Bakayoko est un élément important dans le dispositif du RHDP dans la perspective de l’élection présidentielle d’octobre 2020 et que s’attaquer à lui fait vendre du papier. C’était leur objectif et il a été atteint car les premières publications de leur prétendue enquête n’ont jamais suscité autant d’intérêt.

On peut imaginer que ce genre d’article est écrit par pur appât du gain, même si certains pensent qu’il s’agit d’une manipulation, afin d’affaiblir Hamed Bakayoko et de créer la zizanie au sein du RHDP.

Cela dit, le ministre d’État est en droit de déposer plainte, bien sûr. Mais, il serait aussitôt englué dans un procès qui lui ferait perdre de vue l’essentiel, la campagne pour l’élection présidentielle.

Il n’appartient pas aux journalistes de dire à Hamed Bakayoko ce qu’il doit faire. Aussi, cher Mamadou Traoré, la démarche des journalistes n’est pas curieuse, contrairement à ce que vous avez écrit sur Facebook. Au contraire, elle est conforme aux pratiques de la profession en la matière.

Un journaliste ne confond pas la mission qu’il remplit, qui est d’informer, avec les conseils politiques, que fait Mamadou Traoré auprès de Guillaume Soro Chris Yapi. Des conseils dont il veut faire curieusement bénéficier Hamed Bakayoko.

Gardez vos bons conseils Monsieur Traoré pour Guillaume Soro Chris Yapi ….

On peut supposer que même si le ministre d’État a déjà porté plainte, il pourrait tout arrêter à cause de ce fait curieux qu’un conseiller de Guillaume Soro Chris Yapi, (dont l’acolyte Nyamsi avait déjà traité Hamed Bakayoko de cocaïnomane avant même l’article sensationnel des journalistes), l’encourage dans ce même sens.

Mamadou Traoré , il y’a des conseils qu’on ne doit pas donner, ni porter : si vous voulez vraiment que le ministre d’ État porte plainte, dites le contraire… , car par nature et par principe ce qui est bien vu par vous, ne peut l’être ailleurs ….

Justice Konan

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